L’épée seule de Joachim Meyer, Partie 17 : Entrées en lutte

Lorsque l’on se rapproche de l’adversaire, de nouvelles possibilités techniques apparaissent : avec les épées liées au niveau du fort, il est possible d’engager l’adversaire au corps à corps et de tenter de le désarmer.

Dans l’approche, place-toi dans la charrue à droite. S’il frappe d’en haut vers toi, alors pendant qu’il frappe, tourne tes quillons vers le haut, avec le bras tendu entre toi et lui, vers son épaule droite. Tiens ainsi ta lame à l’horizontale devant ton visage et attrape ainsi la lame qui vient vers toi sur le plat de ta lame. En parant ainsi, tu maintiens sa lame en l’air avec ta parade. Dans le même temps, marche vers sa droite avec ta tête penchée sous sa lame, puis tourne ta lame hors de la parade [pour faire] un estoc. Ainsi tu le touches avant qu’il ne se soit rendu compte de cela, comme te le montre le personnage du milieu, à l’extérieur à gauche de la gravure G. Tu peux te protéger un peu plus avec un écarté, cependant lorsque cette pièce est effectuée avec des lames tranchantes, il ne sera pas nécessaire d’écarter la sienne. A partir de cette pièce, certains estocs sont utilisés pour le combat sérieux. Cependant, comme cela n’est pas quelque chose de courant, j’en resterais là [pour cette matière], et tu pourras sûrement apprendre quelques choses à partir de cela avec une bonne réflexion.

Comment tu peux le désarmer

Place-toi dans la charrue à gauche. S’il te frappe ou t’estoque d’en haut, alors tourne tes quillons ainsi que ta lame vers le haut et attrape son coup avec ta lame à l’horizontale, toujours en hauteur, près de ses quillons. En parant ainsi ta garde se trouve vers sa gauche et ta lame vers sa droite, contre la sienne, à l’horizontale. Pendant que tu montes ainsi pour parer, saute avec ton pied gauche vers lui, bien sous son coup. Et pendant que son coup et sa lame se posent sur la tienne en touchant, attrape sa garde en passant sous ta lame avec ta main gauche retournée. Tourne-la-lui hors de ma main en marchant sur son côté droit, comme te le montre le personnage en haut à gauche de la gravure G. S’il ne veut pas laisser partir son arme, alors percute-le sur une articulation avec ton pommeau.

Une autre pièce

Si l’adversaire frappe vers toi d’en haut, alors saute encore une fois bien sous son coup et attrape-le-lui d’en bas avec la lame horizontale tournée vers le haut, près de ses quillons, comme précédemment. Pendant que son coup tombe sur ta lame et lorsqu’elles s’entrechoquent, attrape le pommeau de son arme en passant sous la tienne avec ta main gauche. Tourne en même temps ta lame à l’extérieur, par-dessus la sienne, et presse vers le bas et vers lui. Tire ainsi son pommeau à toi avec ta main gauche et presse loin de toi sa lame avec ton arme, comme te le montre le personnage à l’extérieur en haut à droite de la gravure G. tu peux ainsi lui prendre son arme et le blesser avec ton arme ou la sienne, selon l’opportunité ou ton désir.

Une autre pièce

Rue-toi sous son coup de haut et pare-le-lui de la façon que je t’ai enseignée, de manière à ce que tu le lui attrapes encore une fois en l’air, sur ta lame. Tu peux voir cette parade en haut à droite de la gravure I. Pendant que tu pares ainsi, tourne ton côté gauche vers lui et attrape simultanément son bras par la main, de la même manière que le montre personnage qui a paré, comme je viens de te l’apprendre. Tiens-la fort et tourne-la-lui vers le bas en arrachant sur ton côté gauche, ainsi il est obligé de se pencher très en avant ou tu lui brises le bras. S’il te fait cela, alors attrape-lui le creux de son coude avec ton pommeau. Avec cela arrache vers toi sur ton côté droit, ainsi il tombe face en avant.

[Dessins sans texte]

Les pièces concernant les entrées en luttes ont toutes le même fonctionnement. Lorsque l’adversaire frappe d’en haut, on se glisse sous son coup en venant parer avec une lame suspendue bien horizontale. A partir de là, différentes techniques peuvent être réalisée. Lorsque l’on veut utiliser la main gauche il peut être judicieux d’également avancer la jambe gauche comme cela sera vu dans le combat à l’épée et la dague ou avec la cape.

[Défense sans arme]

Lorsque tu retrouves sans arme, débordé ou assailli par un adversaire qui a une arme, et que tu ne peux pas t’enfuir sans être blessé, alors croise tes bras l’un sur l’autre, le droit sur le gauche, et veille à sauter ou reculer hors de son coup, de façon à ce qu’il manque son coup devant toi. Pendant que son coup tombe vers le sol, saute soudainement vers lui, de manière à ce que tu viennes sous son arme. Alors qu’il la remonte pour un second coup, attrape soudainement son bras droit entre tes deux mains et tourne-le-lui violemment vers le bas sur ton côté droit. Tiens-lui ainsi sa main avec ta main gauche, attrape sa garde avec ta main droite retournée et tourne-la-lui vers le bas et l’extérieur.

Mais pendant que tu sautes vers l’intérieur, s’il est prêt à donner son coup et qu’il frappe, alors prends garde au côté duquel il l’envoie. Frappe à l’encontre de sa lame avec le bras de ce même côté, soit dans le fort ou mieux, au niveau de ses quillons. Il te blessera sûrement, mais cela ne sera pas pire que si tu ne frappes pas contre lui. Saute ainsi plus loin et ne le laisse plus venir à aucun coup. Attrape soudainement son bras droit avec la main renversée. Quelle que soit la main avec laquelle tu as attrapé son bras, retourne l’adversaire de ce côté et arrache-lui son arme avec l’autre main. A ce propos regarde les deux personnages à l’extérieur et à gauche de la gravure H.

Les pièces de luttes se terminent avec une situation de self-defense qui n’a rien à voir avec l’environnement d’une salle d’arme. L’épée seule est l’arme avec laquelle Joahim Meyer fait le plus souvent référence au combat sérieux, à l’utilisation d’armes tranchantes et à des situations asymétriques comme celle-ci. Cette pièce fait d’ailleurs écho aux Nötschtücken – littéralement pièces d’urgence – que l’on trouve dans le texte de Lecküchner, qui expliquent comment réagir sans armes face à un adversaire ayant un coutelas en main.


L’épée seule de Joachim Meyer :

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