L’épée seule de Joachim Meyer, Partie 9 : La porte de fer – Travail dans l’Après

La porte de fer, ou parade droite, est certainement la posture la plus importante de l’épée seule chez Joachim Meyer. La section dédiée aux pièces depuis cette garde est la plus fournie et il est très courant de revenir en garde dans la parade droite pour se défendre après la fin d’un enchaînement.

Avec son utilisation de la porte de fer, l’épée seule de Joachim Meyer est assez en rupture avec le reste de la tradition liechtenauerienne, notamment l’épée longue et le messer. Les postures y sont toujours asymétriques, avec l’épée sur le côté dans un des quatre quartiers. Cela change avec les armes à une main chez Joachim Meyer, ou les postions centrales ont un rôle beaucoup plus important.

Le travail depuis la porte de fer est découpé en trois parties :

  • Comment tu dois le parer, puis riposter avec un estoc ou une frappe vers les quatre cibles

  • Comment tu dois te protéger des feintes

  • Comment tu dois te comporter et le combattre dans l’Avant lorsqu’il ne veut ni frapper ni estoquer

Et celle-ci seront traitées dans trois billets différents.

La première partie est dédiée aux parades et aux ripostes que l’on peut faire depuis la porte de fer. Y est décrit comment parer les coups et estocs de l’adversaire, envoyés aux différentes ouvertures, ainsi que plusieurs manières de riposter.

Comme tu dois attraper le coup qu’il dirige vers toi depuis sa droite et rapidement estoquer droit vers sa gauche

Dans l’approche, place-toi dans la parade droite, comme te l’enseigne le personnage solitaire au milieu de la gravure F.

Marche ainsi vers lui avec une parade ferme et tendue au loin. Si ensuite il frappe ou estoque depuis sa droite vers ta gauche, en diagonale, alors tourne vers le haut le long tranchant ainsi que ta garde, vers le coup ou l’estoc qui vient vers toi. Pendant que tu pares ainsi, marche avec ton pied arrière, le gauche, derrière ton pied droit, vers le côté gauche de ton adversaire, loin de son coup ou de son estoc. Avec ce pas qui t’es enseigné, attrape sa lame sur le fort la tienne, près des quillons. Pendant que les lames sont encore au contact dans le liage, avance ton pied droit vers son côté gauche. Parallèlement à ce pas en avant, estoque jusque dans la longue pointe, vers son visage, [en restant] à sa lame ou droit devant toi en la quittant. Aussitôt que l’estoc touche ou est complété, tourne le long tranchant de nouveau contre sa lame et reviens jusque dans la parade précédente, avec laquelle tu te protèges jusqu’à ce que tu voies une opportunité pour une autre pièce.

La façon dont tu dois attraper les estocs et les coups [envoyés] depuis sa gauche et comment tu dois rapidement riposter avec un estoc vers sa droite avant qu’il ne soit de nouveau prêt

S’il frappe ou estoque de l’autre côté, c’est-à-dire depuis sa gauche, vers ton côté droit, également en diagonale et du dessus, alors tourne encore une fois ton long tranchant ainsi que ta garde vers la lame qui vient vers toi, avec le bras tendu, pour la parer ou l’attraper. Pendant que tu étends ta garde vers son arme pour la parade, marche également sur le côté avec ton pied gauche, vers sa droite et loin de sa lame. Aussitôt que sa lame et la tienne s’entrechoquent dans cette parade, ramène ta garde, loin derrière toi, au-dessus de ton épaule droite pour préparer un puissant estoc. Avance alors ton pied droit vers sa droite et estoque fortement vers son visage, de sorte que tu te tiennes encore une fois avec l’arme tendue dans la longue pointe haute après la fin de l’estoc. Après cet estoc, applique-toi à écarter avec des rotations depuis la parade précédente, les coups et estocs qu’il envoie vers toi, jusqu’à ce que tu aies une ouverture.

Ces deux pièces, qui sont le symétriques l’une de l’autre, montrent comment parer un estoc ou une frappe de haut et riposter avec un estoc. On retrouve ici l’écarté tel qu’il était déjà illustré dans la section sur les parades. C’est donc sans surprise non plus que la parade-riposte soit accompagnée d’un double pas dans le triangle pour sortir de la frappe et se rapprocher de l’adversaire dans l’estoc final. De plus, on note qu’il faut bien parer au niveau du fort, près des quillons. La parade droite étant une position dans laquelle le bras est relativement tendu, cela permet de mieux encaisser le coup.

Comment tu dois te comporter contre un adversaire qui veut te submerger avec des coups

Mais si l’adversaire est si rapide à frapper et estoquer vers toi des deux côtés, de sorte que tu ne puisses pas venir à lui avec cet estoc, alors reste fermement dans la parade avec le bras tendu devant toi et avec cela écarte loin de toi tous ses coups et estocs de chaque côté avec des rotations. Dans le même temps observe avec soin lorsqu’il peine et se fatigue, car il ne peut faire faire cela longtemps sans perdre l’avantage.

Tourne alors ta garde vers le haut, contre un des coups ou des estocs qu’il envoie vers toi, ceux que tu considères comme opportuns, puis frappe diagonalement en travers de l’épaule du côté duquel il a envoyé son coup ou son estoc, d’un bout à l’autre, de façon à ce que ton arme retourne se projeter au-dessus, sur l’autre côté, pour un estoc haut.

Lorsque tu frappes en passant par son épaule droite, alors dans le mouvement de ce coup, laisse ta lame filer vers l’arrière sur ton côté droit et retourner dans la garde haut à droite pour l’estoc.

Mais si tu ripostes contre son coup en passant par son épaule gauche, alors laisse ta lame la filer vers l’arrière sur ton côté gauche et revenir dans la garde haute à gauche pour l’estoc. Tout comme tu as rapidement laissé revenir ta lame dans la garde haute avec ce coup, tu dois aussi estoquer rapidement, soudainement et avec force depuis cette garde vers son visage ou sa poitrine.

Pendant que tu t’étends, tu dois bien envoyer ton haut du corps vers l’avant après l’estoc, par-dessus ton genou fléchi. Lorsque ce coup et cet estoc sont faits rapidement et avec force, alors tu te fais également de la place pour une autre ouverture.

Cette pièce est la suite de la précédente, et se fait si l’adversaire ne nous laisse pas le temps de riposter avec la parade. Il faudra alors temporiser en parant ses frappes là où elles arrivent. Encore une fois, parer près de la garde permet de mieux encaisser les coups.

Le verbe utilisé pour décrire l’action de parer est ab- wenden, traduit au mieux en français par “repousser avec des rotations”. Cela indique l’action de tourner, au moins avec l’arme, mais peut-être aussi avec le corps tout entier, pour écarter les attaques.

Après la frappe, l’épée décrit un grand mouvement circulaire pour revenir estoquer depuis une garde haute. Le verbe associé à cette action est umb- schnappen et est très difficile à rendre en français. Cependant l’action est plutôt simple à décrire. Voici l’exemple de la riposte passant par l’épaule droite de l’adversaire :

  • Après la parade, on se retrouve approximativement dans la garde haute à gauche pour la frappe.

  • Depuis la garde haute à gauche on frappe jusque dans la garde basse à droite, en passant par l’épaule de droite de l’adversaire.

  • De la garde basse à droite, l’épée reviens dans la garde haute à droite pour estoquer, après avoir décrit un grand mouvement circulaire en passant derrière le corps.

Evidemment cette séquence se fait d’un seul mouvement, notamment pour profiter de l’inertie de l’épée qui sert à armer l’estoc après la frappe.

Cette pièce est l’exemple parfait qui montre comment les actions peuvent être découpées en transitions d’une garde à une autre. Cela aide grandement à la la compréhension globale de certains passages dont les termes techniques sont peu clairs.

Comment tu dois intercepter les coups qu’il t’envoie de dessous depuis la parade droite et riposter avec un estoc

S’il estoque ou frappe vers toi de dessous ou horizontalement, que ce soit de la droite ou de la gauche, alors marche vers l’autre côté avec ton pied arrière, c’est-à-dire ton pied gauche, hors du coup ou de l’estoc qui vient vers toi et écarte cela loin de toi, sur le côté et vers le bas avec le long tranchant tendu au loin. Aussitôt que ton arme entre en contact sur la sienne dans cette parade, alors avance vers lui avec ton pied droit et avant qu’il ne se ressaisisse, estoque rapidement et avec force vers son visage en quittant sa lame. Tout cela, c’est-à-dire la parade, le pas et l’estoc, doivent se faire ensemble en un clin d’œil. Cela se fait sur les coups de dessous que l’adversaire t’envoie vers le milieu du corps ou plus haut.

Cette pièce complète les deux premières en décrivant comment réaliser l’écarté face à un adversaire qui envoie des attaques basses vers le visage. Comme d’habitude, la parade-riposte est accompagnée d’un double pas dans le triangle pour sortir de la frappe et se rapprocher de l’adversaire dans l’estoc final.

Comment tu dois parer d’en haut et estoquer vers l’intérieur, sous son arme

Item. Si l’adversaire te frappe ou t’estoque encore une fois d’en bas, ou sous ton arme vers ton corps, alors tombe hors de la parade apprise plus haut, de haut en bas, sur sa lame avec le long tranchant, de façon à ce qu’en parant, ta lame pende vers le bas, sur le côté extérieur, comme cela est illustré avec le petit personnage à gauche de la gravure C.

Pendant que tu pares ainsi, marche vers son côté droit, loin de sa lame, avec un double pas sauté et estoque-le rapidement au corps par-dessous son bras droit, comme le montre le second personnage en face du précédent. Après cet estoc, ramène rapidement ton arme vers ton épaule gauche et depuis celle-ci donne aussitôt un coup défensif diagonal passant par son épaule droite. A la fin de ce coup, tu viens ainsi dans la garde basse à droite. A partir de celle-ci, remonte rapidement dans la parade droite, afin de te protéger plus avant.

Cependant, s’il dirige son coup plus bas, vers ton pied, alors ne lui pare pas pas cela, mais esquive-le plutôt en ramenant ton pied avant jusqu’à ton pied arrière, hors de son coup, et pendant qu’il est encore en train de frapper, estoque fortement vers son visage, comme tu peux le voir avec les personnages au milieu de la gravure F.

Pour tous les coups qu’il t’envoie en dessous de la ceinture, il doit se découvrir en haut pendant qu’il s’étend. C’est pourquoi tu peux l’estoquer au visage ou le frapper avec confiance lorsqu’il étend sa main et son arme, en accord avec ce principe.

L’adversaire peut aussi ne pas attaquer la tête, mais chercher à toucher plus bas, au corps. Dans ce cas il faut dégager avec la lame pendante, également montrée dans la section sur les parades, puis riposter avec un estoc. Après cela on envoie à l’adversaire un coup de haut de gauche à droite, il faut alors remonter jusqu’à l’épaule gauche pour redescendre jusque dans la garde basse à droite. Cela est un autre exemple d’une gestuelle très présente chez Joachim Meyer : des armements de frappes larges et des coups amples.

Si l’adversaire vise une cible plus basse, comme les jambes, l’esquive et la riposte simultanée semblent être la règle, même si effectuer un blocage est aussi une solution.

Comment tu dois te comporter lorsqu’il dégage ou écarte ton contre estoc

Lorsqu’il attaque depuis sa droite vers ta gauche, que tu le pares depuis ta droite avec l’arme étendue ainsi qu’avec un pas vers son côté gauche comme tu l’as déjà appris et que tu l’estoques ainsi droit vers le visage en quittant la parade, alors il sera obligé de se défendre et de dégager ta lame avec la sienne, s’il ne veut pas se faire toucher. Dès qu’il fait cela, alors marche bien sur vers son côté droit et dans le même temps laisse ta lame filer autour [de ta tête] dans la garde du bœuf à droite, ce à quoi il t’a aidé avec son dégagement. A partir de là estoque-le rapidement et avec force, à l’intérieur par l’extérieur de son bras droit, depuis cette garde haute. Tu peux également faire cela depuis ta gauche, de la même manière que tu réalises cela vers sa droite.

Comment tu dois changer à travers lorsqu’il dégage le premier estoc, puis estoquer de l’autre côté

Retiens ceci : lorsque tu écartes ses coups et ses estocs loin de toi avec la lame étendue et que tu veux riposter avec un estoc, comme tu l’as appris, mais que tu vois qu’il veut parer, alors veille à ne pas avoir avancé trop près de lui, et observe le moment où il monte avec sa garde pour parer. Interromps alors ton estoc, dont tu l’as menacé avec tes actions, et pendant qu’il monte, passe sous son arme avec la tienne et estoque fortement de l’autre côté, vers l’intérieur, avec le bras tendu. Avec ce changement à travers et cet estoc, tu dois bien sauter loin de son arme, vers le côté duquel tu l’as estoqué.

Comment tu dois ramener ton estoc, comme si tu voulais estoquer ailleurs, et pendant qu’il pare, estoquer de nouveau là où tu l’avais menacé d’un estoc au début

Lorsque que tu t’aperçois qu’encore une fois il veut parer l’estoc que tu veux faire depuis la première parade, fais comme si tu voulais passer par-dessous et estoquer de l’autre côté. Mais dès que tu vois qu’avec sa garde il va là avec l’intention de parer, alors pendant qu’il bouge, estoque de nouveau là où tu voulais estoquer en premier. Tu trouveras plus de chose à propos de cela dans la section sur les feintes.

Ces trois pièces sont également une suite à l’écarté depuis la porte de fer. Ce sont trois alternatives, dont la difficulté augmente petit à petit : un estoc, un changement à travers, puis une feinte.

Ce premier contre met en avant un mouvement déjà vu dans le dussack : lorsqu’un estoc haut est paré vers l’intérieur (un estoc supérieur gauche par exemple), on peut revenir estoquer d’en haut de l’autre côté depuis la suspension opposée (ici depuis le bœuf à droite) en faisant tourner l’arme autour de sa tête.

La deuxième pièce utilise le changement à travers. Avec le premier estoc au visage, on peut effectivement anticiper l’endroit que l’adversaire va chercher à protéger et donc se préparer à passer sous son arme pour le poursuivre de l’autre côté. On retrouve les trois catégories de coups données par Joachim Meyer. La première parade déplace l’arme adverse, la riposte provoque sa défense, ce qui permet de placer le troisième coup qui touche enfin.

La dernière pièce est une variation de la seconde, qui propose de complexifier la feinte.

Comment tu dois riposter avec un estoc pendant qu’il veut te frapper

Retiens ceci : lorsque tu es dans l’approche avec la parade mentionnée précédemment et que ton adversaire te rencontre dans une parade droite similaire, alors avance près de lui avec une parade forte et avec détermination, de façon à ce que tu atteignes le milieu de sa lame avec la tienne et que tu puisses lier, comme te l’enseigne les deux personnages en haut de la gravure C.

Observe soigneusement le moment où il veut partir loin de ton arme avec la sienne, que ce soit pour frapper ou pour estoquer. Pendant qu’il ramène son arme autour [de sa tête], estoque fortement devant toi, vers son visage, sa poitrine ou son ventre. Avec cela il sera enclin à partir et à frapper plus lisiblement. Tu peux ainsi lui présenter une ouverture, sans jamais perdre l’avantage. Tu trouveras plus loin plus de choses concernant cela.

On retrouve ici l’illustration d’une des règles du jeu au fer, qui est de je pas quitter la lame lorsque celle-ci est liée avec celle de l’adversaire par le milieu. Cela ressemble aussi a une forme d’intimidation, pour décourager l’adversaire de chercher le fer.

Comment tu dois attraper les coups et les estocs de ton adversaire, puis riposter avec une frappe

Avance vers l’adversaire dans la parade droite décrite plus haut, et observe de quel côté il veut estoquer ou frapper, d’en bas ou d’en haut. Lorsqu’il dirige son coup ou son estoc d’au-dessus, vers ta gauche, alors tourne ton long tranchant ainsi que ta garde vers la lame qui vient vers toi, avec ton arme tendue au loin. Pendant que sa lame est encore en train de venir vers toi, marche vers son côté droit avec ta jambe droite. A partir de là, dès que sa lame tombe sur la tienne ou la touche, tu peux avec ce même pas : rapidement ramener ton arme autour [de ta tête] et riposter avec un coup passant par son côté droit et par son corps, que ce soit en haut ou en bas, en fonction de l’opportunité. Ton arme vient ainsi dans la garde basse à droite à la fin de ce coup. Depuis celle-ci remonte dans la parade.

Tu peux également lui faire la même chose lorsqu’il frappe depuis sa gauche vers ta droite, que tu le pares également sur le fort de ta lame, avec l’arme étendue au loin, et que pendant que tu étends ta garde pour parer, tu marches avec ton pied droit vers sa gauche. Aussitôt que sa lame et la tienne s’entrechoquent, alors laisse-la revenir autour de ta tête et dans ce même pas, frappe à travers son visage, vers son côté gauche, depuis lequel il a envoyé son arme. Reviens ensuite rapidement dans la parade droite depuis la garde basse à gauche, dans laquelle tu es arrivé avec ce coup.

Une fois n’est pas coutume, la parade se fait en avançant le pied avant vers l’adversaire. La parade se fait à nouveau avec le fort de la lame et la frappe est armée au-dessus de la tête. Cela oblige à quitter le liage, mais permet ensuite de choisir si l’on frappe par-dessus ou par-dessous l’arme adverse. Encore une fois les frappes sont entières et finissent dans une garde basse.

Comment tu dois te comporter avec les ripostes contre les coups de dessous

Si l’adversaire te frappes d’en dessous, vers le visage, quel que soit le côté, alors pendant qu’il frappe, marche vers l’autre côté, loin de sa lame. En sautant ainsi, tombe de haut en bas sur sa lame avec ton arme tendue au loin, le plus près de son fort, mieux ce sera. Tu maintiens ainsi son arme sous la tienne. Après cela, et avant qu’il ne ramène sa lame par-dessus, frappe rapidement et horizontalement vers son cou ou son visage.

Cependant, si tu ne peux pas maintenir son coup, et qu’il passe complètement à travers ta parade avec son coup de bas, alors reste toujours avec ton arme étendue devant toi dans la parade, vers le bas et sur le côté. Ainsi il ne peut pas te blesser. Pendant qu’il monte avec son arme, et qu’il a encore son bras en l’air, frappe horizontalement d’en dessous, en travers de son visage ou de sa poitrine. Ce coup doit suivre rapidement après qu’il ait forcé le sien vers le haut et avant qu’il n’ait achevé son coup de dessous, si fort que qu’à la fin de ce coup, ton arme ait été envoyée vers l’épaule de l’autre côté, et qu’après ce mouvement
ta lame pende derrière toi. Après ce coup donne rapidement deux coups furieux diagonaux passant par la croix supérieure.

Une autre pièce : comment tu dois riposter de dessous avec estoc

Tu peux aussi le poursuivre avec un estoc. Lorsque tu veux parer son coup de bas comme tu l’as appris, mais qu’il passe à travers avec force, alors note le moment où il force avec son arme contre la tienne et [alors] qu’il est encore en train de monter, tourne la pointe vers son corps hors de la parade et avant qu’il ne complète son coup de bas, estoque-le à la poitrine, d’en dessous, jusque dans la longue pointe médiane. Fais attention au moment où sa lame revient vers toi. Tourne alors le long tranchant vers sa lame depuis la longue pointe, pour l’attraper avec la parade. Combat ensuite avec les pièces que tu as apprises jusque-là, en fonction de comment tu peux avoir l’avantage.

Comment tu dois l’attaquer depuis la parade avec deux coups médians, puis le poursuivre avec un estoc

Ou bien lorsque tu as avancé vers ton adversaire dans la parade droite, alors reste fortement dans la parade avec le bras tendu et s’il frappe horizontalement d’en haut ou d’en bas, alors comme toujours tourne le long tranchant vers le coup ou l’estoc qui vient vers toi. Écarte-lui cela avec ta garde, sur le côté loin de toi, et attends soigneusement ton opportunité, lorsqu’il s’y attend le moins. Ramène alors ton arme autour de ta tête et donne le premier coup médian à travers son visage, horizontalement depuis ta droite, de façon à ce qu’après la fin de ce coup, tu arrives dans la garde médiane à gauche, que tu as vue précédemment illustrée dans la section sur le dussack, pages 5 et 43 sur la gravure C.

A partir de cette garde, donne puissamment le second coup à travers son visage, également à l’horizontale, vers sa droite, en faisant cela si fort, que ta lame file d’elle-même vers ton côté droite dans la garde du bœuf à droite. Pendant que ta lame tourne autour ainsi de ta tête, marche bien vers l’extérieur avec ton pied gauche bien vers son côté droit. Avance aussitôt vers lui avec ton pied droit et pendant que tu avances avec ton pied droit, estoque avec force d’en haut vers son visage. Avec cet estoc vers l’avant, plie ton genou avant bien vers l’avant en reposant ton pied et envoie ton haut du corps bien vers le bas et vers l’avant après l’estoc. En estoquant, lorsque tu tournes fortement le long tranchant vers le bas, tu arrives alors dans la garde basse à gauche à la fin de l’estoc. A partir de celle-ci, dépêche-toi de revenir dans la parade droite.

Cette pièce n’a rien de spécial mais illustre bien comment les coups sont donnés de façon amples avec l’épée seule.

Comment tu dois neutraliser et riposter en parant

Lorsque tu réalises que ton adversaire veut fortement te faire reculer avec des coups violents, alors pare-lui un, deux, trois ou quatre coups avec une parade [le bras] tendu, comme tu l’as appris, jusqu’à ce que tu puisses avoir l’opportunité pour le coup que je vais décrire. Dès que tu aperçois qu’il ramène son arme vers lui après avoir donné un coup, alors pendant qu’il monte avec son arme pour un second coup, lève également simultanément ton arme vers le haut. Dans le même temps saute rapidement de l’autre côté, loin de son coup, quoique plus près de lui et pendant qu’il frappe vers toi, frappe de haut en bas, droit entre sa tête et sa lame, comme si tu voulais lui trancher le bras armé de son épaule. Dans la frappe, laisse ta garde précéder la lame vers le sol en descendant, fais un grand pas avec tes pieds, de façon à ce que tu puisses envoyer ton haut du corps en avant et vers le bas, par-dessus ton genou fléchi, après le coup.

Maintenant lorsque tu sautes hors de son coup de cette manière et que tu le frappes ainsi, droit entre son arme et sa tête, de haut en bas vers son épaule droite, en même temps qu’il frappe, de façon à ce que non seulement tu envoies ton haut du corps bien vers l’avant et vers le bas en faisant un grand pas après ce coup, mais également que ta garde précède ta la lame en abaissant le coup vers le sol, toujours avec le bras tendu comme je l’ai mentionné, si tu loupes alors son bras droit et que tu rencontres sa lame près de la garde, sur le fort, tu l’affaiblis assez manière à ce que tu puisses bien l’estoquer ou le frapper vers le corps, avant qu’il ne récupère. Mais lorsque tu ne peux pas l’affaiblir assez avec un coup, alors neutralise, un ou deux de ses coups, de chaque côté. Lorsque tu le fais correctement, il ne pourra pas faire plus de trois coups sans être affaibli.

J’ai particulièrement décrit cette pièce, avec quelques répétions, car c’est une très bonne pièce, mais également [une pièce] difficile et compliqué à apprendre, à moins qu’elle ne soit montrée avec le corps en mouvement. Cela doit être exécuté avec habilité dans l’ouvrage.

Cette série de pièces sur le travail dans l’Après se termine avec la neutralisation, elle aussi est déjà expliquée dans la partie sur les parades. Une subtilité est ajoutée ici : la neutralisation peut s’effectuer autant contre la lame que contre le bras de l’adversaire. Evidemment c’est le contexte du combat qui désignera la meilleure option.


Malgré la diversité des pièces qui viennent d’être exposées, on peut synthétiser la manière de se défendre dans la porte de fer ainsi :

  • Dans la plupart des parades, on sort hors du coup adversaire en faisant un double pas dans le triangle.

  • Les attaques aux cibles haute, quelles viennent d’en haut ou d’en bas, sont généralement parées avec des écartés, ce qui permet de garder la pointe dirigée vers l’adversaire. Ils sont ensuite suivis d’une riposte d’estoc ou de taille.

  • Les frappes sont attrapées sur le fort de la lame.

  • Les attaques aux cibles basses sont dégagées avec la lame pendante.

Le double pas dans le triangle


L’épée seule de Joachim Meyer :

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