L’épée seule de Joachim Meyer, Partie 11 : La porte de fer – Travail dans l’Avant

L’adversaire n’est pas obligé d’attaquer à tout va. Il peut au contraire choisir d’être dans l’attente, prêt à parer et riposter contre tous les coups et les estocs qui lui seront envoyés, comme ce qui a été vu dans la première partie des pièces sur la porte de fer. Face à ces adversaires qui se montrent patients, Joachim Meyer propose plusieurs exemples pour déclencher l’attaque adversaire, et ainsi reprendre l’avantage avec des parades et des ripostes.

On parle de travail dans l’Avant car, c’est nous qui devront envoyer la premier coup pour lancer l’assaut. Le danger cette situation, c’est que l’on se découvre toujours en attaquant, et qu’un adversaire attentif tentera d’en tirer partie. Il faut donc “se mettre en danger” de manière convaincante, tout en contrôlant l’endroit ou l’adversaire lancera sa riposte.

D’après les pièces fournies par Joachim Meyer, il existe deux grands types de cas : celui où l’adversaire tiens son arme un peu loin sur un des côtés, et se découvre de l’autre. Dans le second cas, l’adversaire est au contraire parfaitement couvert derrière son épée dans la porte de fer.

L’adversaire à son arme placée sur un côté

Dans une première partie, Joachim Meyer aborde donc la situation ou l’adversaire se trouve dans une posture asymétrique, c’est à dire avec l’arme loin du centre, sur le côté ou en hauteur. Il détaille une même tactique sur une demie douzaine de pièces :

Comment et de quelle manière tu dois attaquer et combattre dans l’Avant un adversaire qui ne veut frapper ni estoquer

Dans cette attaque dans l’Avant tu dois prendre garde aux quatre ouvertures et observer soigneusement à quel endroit il dirige son arme dans l’Approche. Et je vais te guider d’une ouverture à l’autre avec des exemples afin que tu comprennes clairement.


Dans la première Approche, fais attention : s’il dirige son arme devant lui et en hauteur vers son côté droit, alors estoque-le à l’intérieur, par-dessous son arme, vers le ventre. Fais cela avec le bras tendu au maximum. S’il ne veut pas se faire toucher, il devra parer et se défendre de cet estoc. C’est pourquoi tu dois bien observer le moment où il tombe avec son arme pour parer l’estoc. Ramène alors l’estoc, et passe par-dessous sa lame avec la tienne, pendant qu’il chute avec sa lame. En passant ainsi par-dessous sa lame, saute bien vers son côté droit et loin de son arme, puis estoque-le rapidement par l’extérieur, par-dessus son bras droit et au visage ou à la poitrine, avant qu’il ne reprenne le contrôle de son arme, comme les deux petits personnages à gauche de la gravure F te le montrent.

Aussitôt que tu as touché avec cet estoc, ou que tu l’as terminé, laisse ta lame partir de cet endroit et pendre vers ta gauche. Ramène ainsi ton arme avec la lame pendante vers ton épaule gauche, et depuis celle-ci, envoie un coup défensif diagonal passant par son visage. Le fait de retirer l’estoc, de passer sous sa lame, l’estoc ainsi que le pas, et enfin le coup défensif, doivent être exécutés rapidement, l’un après l’autre, afin que cela te serve bien.

Cette pièce est une simple application du changement à travers. Il est possible de l’employer ici car en visant le côté le moins protégé de l’adversaire, celui-ci ira plus certainement parer, et donc poursuivra notre épée et non nos ouvertures. Il faut malgré tout rester prudent en passant son arme par-dessous la sienne, et toujours être prêt à se défendre si l’adversaire cherche à regagner l’avantage alors que l’on a la lame baissée.

Une autres pièce

Ou bien frappe son corps en passant sous son arme, avec un comportement sérieux. En faisant ce coup, marche bien en penchant le corps vers son côté droit après la frappe, comme si tu t’étais commis dans ta frappe. Il se précipitera alors sans hésitation vers ton ouverture. Par conséquent note bien le moment ou il envoie son arme, et estoque encore une fois par-dessus son bras droit et vers son visage, en faisant un pas sur le côté, comme avant.


Après que tu te sois délibérément commis dans ta frappe, tu peux également dégager la lame qui vole vers toi avec un rapide coup défensif depuis ton côté gauche, ou alors la dégager [avec le faux tranchant]. Après ce dégagement [avec le faux tranchant], laisse [ta lame] aller en l’air autour de ta tête, puis revenir vers son côté droit pour estoquer ou frapper.

Ici on cherche à déclencher l’attaque adverse, en faisant un coup apparemment maladroit. En agissant ainsi, on incite l’adversaire à attaquer une ouverture précise : même si l’on “orffre” l’avantage à l’adversaire, on contrôle également l’endroit où il frappera, ce qui permet d’anticiper une parade riposte.

Etant donnée que la première frappe se termine dans la garde basse à gauche, celle-ci est donc un coup de dessus donné depuis la droite. La pièce propose alors trois façon de riposter depuis la garde basse à gauche face à une attaque donnée en haut à droite : en estoquant par-dessus le bras, soit en dégageant la lame adversaire vers le haut avec le faux tranchant ou vers le bas avec le long tranchant.

Comment tu dois te comporter lorsqu’il envoie son arme trop loin sur la gauche et vers le bas

Dans l’Approche, aussitôt que tu peux l’atteindre, alors estoque soudainement et rapidement par-dessus son bras droit, vers son visage. Fais attention, et dès qu’il monte et veut parer, tourne ta garde vers le haut et vers ta gauche, et prépare-toi ainsi à frapper. Pendant qu’il monte avec son arme, frappe rapidement par-dessous celle-ci en passant par sa jambe. Tu viens ainsi dans la garde basse à droite, depuis laquelle [tu peux] aussitôt frapper en diagonale au travers de son visage, jusqu’à ce que tu reviennes dans la garde basse à gauche, et continues ainsi le combat.

Si l’adversaire est trop ouvert à l’ouverture haute droite, alors on peut lui envoyer un estoc depuis la gauche. Cela permet de revoir un moment assez récurrent de l’escrime de Joachim Meyer à l’épée seule : l’enchaînement d’un estoc et d’une frappe sur le côté gauche. En levant ainsi la garde vers le haut, on repasse dans le bœuf à gauche et on se met en place pour donner une frappe sur ce même côté. De cette position, la frappe peut être montante ou descendante, et viser une cible haute ou basse.

Une autre pièce, sur la manière dont tu dois le combattre s’il envoie son arme trop loin sur le côté

Si l’adversaire envoie son arme trop loin vers son côté gauche, alors frappe vers sa tête en passant par l’extérieur et par-dessus son bras droit, en faisant un pas vers son côté droit. Aussitôt qu’il monte pour parer cela, alors juste au moment cela doit toucher, ramène ton arme loin de son bras, passe avec celle-ci par-dessous la sienne, et estoque à l’intérieur de son arme, vers son ventre. Lorsque tu as réalisé cet estoc, alors monte rapidement dans la garde haut droit devant avec l’arme tendu au loin, afin que tu puisses lui neutraliser ses estoc de haut en bas, s‘il voulait en plus t’estoquer en dessous.

Comme pour la première pièce, on exploite ici la position de l’arme adverse pour l’inciter à parer. Se faisant on contrôle les actions de l’adversaire, ce qui permet de passer par-dessous son arme pour attaque une autre ouverture, à la manière de cette pièce.

Comment tu dois agir contre celui qui tiens son arme trop loin sur sa droite

Maintenant, si l’adversaire envoie son arme trop loin sur sa droite, comme je l’ai dit, alors aussitôt que tu peux l’atteindre et avant qu’il ne s’en aperçoive, estoque soudainement droit vers sa poitrine. S’il se défend ou qu’il pare ton estoc, tourne le court tranchant vers son arme et vers le bas, laisse ta lame plonger sous la sienne et vers ta gauche, puis frappe rapidement en diagonale vers son visage, depuis ta gauche vers sa droite, de façon à ce qu’avec ce coup ta lame revienne derrière toi en passant sur ton côté droit, et file jusqu’à revenir dans la garde haute du bœuf à droite. Pendant que tu fais tourner ton épée ainsi, marche bien vers l’extérieur, plus loin vers son côté droit, et estoque d’au dessus en tournant fortement [ta main] vers son visage, afin qu’en estoquant, tu tombes avec ton arme dans la garde basse à gauche. Depuis celle-ci, continue de combattre avec les pièces issues de cette garde, que tu trouveras décrites plus loin.

Le début de la pièce est similaire à la précédente, mais de l’autre côté. Passer sous l’épée adverse avec la main tournée de cette façon est également un bon moyen de préparer une nouvelle frappe venant du haut et de la gauche. Enfin on note aussi un mouvement assez caractéristique de Joachim Meyer, avec cette transition d’une frappe à la garde du bœuf par un ample mouvement.

Une autre pièce contre quelqu’un qui envoie son arme trop loin vers son côté droit

Dans l’Approche envoie un puissant coup vers sa gauche, mais pendant que tu est encore en train de frapper, tourne le court tranchant vers l’intérieur et vers lui, comme si tu l’estoquais d’en haut. Mais pendant qu’il monte pour parer, et au moment où il va juste rencontrer cet estoc, laisse la lame complètement pendre vers le sol, et ramène la garde vers le haut, avec le bras tendu loin de toi. Si entre temps il estoque, dégage sa lame sur le côté avec la suspension, c’est-à-dire avec l’arme pendante. Dans ce dégagement, ramène ta garde avec la lame pendante vers ton épaule gauche, et tourne bien ton côté droit vers ton côté gauche, à la suite de ton arme. Depuis [ton épaule gauche], frappe en diagonale vers sa droite, par-dessus son arme et en passant par son visage, en faisant un double pas vers son côté gauche, afin qu’à la fin du coup tu arrives dans la garde basse à droite. Depuis celle-ci, estoque rapidement droit devant toi vers son visage, jusque dans la longue pointe. S’il continue de t’attaquer, alors dégage sa lame loin de toi avec une entaille.

Lorsque l’on attaque un adversaire à une ouverture, ou qu’on le fait attaquer de manière contrôlée l’une des nôtres, il peut arriver que tout ne se passe pas comme prévu. C’est pourquoi il faut toujours être prêt à parer : l’adversaire peut faire des erreurs dans son choix d’actions et les deux escrimeurs peuvent se retrouver en danger d’être touchés. Ici après que l’estoc de haut ait été lancé, l’adversaire se défend, ce qui nous laisse l’opportunité de baisser la pointe pour peut-être passer sous son arme. Hélas, celui-ci arrive malgré à présenter sa pointe alors que la nôtre est baissée, ce qui est une situation fâcheuse. Pour résoudre ce problème Meyer propose de se défendre avec la lame suspendue de la droite vers la gauche, ce qui semble logique vu que l’épée est déjà en position. On fait cependant plus que parer : de cette manière envoie aussi sa main dans la garde haute à gauche, ce qui sert d’amorce pour une riposte rapide. On respecte alors bien les principes de la “bonne parade” décrite dans l’épée longue, ou il est conseillée de faire suivre chaque défense d’une riposte pour continuellement tenter de prendre l’avantage à l’adversaire.

Dans toues les pièce présentées ci-dessus, la stratégie générale se devine facilement : lorsque l’adversaire tient son arme dans un quartier, il faut attaquer le quartier opposé. Si l’adversaire se défend et déplace son arme, alors il faudra renvoyer l’attaque initiale vers le quartier où l’adversaire tenait son arme originellement.

Ici ce sont bien évidement les mécaniques de la feinte qui rentrent en jeu, vu qu’il s’agit d’attaquer, puis de changer d’ouverture en cours d’attaque. La subtilité vient ici de l’immobilité de l’adversaire. En effet, tout au long de son livre, Joachim Meyer conseille de ne jamais rester statique dans une garde. Lorsque l’adversaire se trouve dans une telle situation, celui-ci serait alors plus facile à mettre sur la défensive par une attaque rapide.

Lorsque l’adversaire attend en se couvrant derrière son arme

Avec quelle pièce tu peux l’assaillir lorsqu’il se trouve dans la parade droit devant

S’il envoie son arme fortement et fermement devant lui dans la parade droit devant, de manière à ce que tu ne puisses pas attaquer ni à gauche, ni à droite, alors effectue cette pièce astucieuse devant toi, avec laquelle tu le pousseras à sortir de sa garde ou de son avantage, afin que tu puisses aller vers ses ouvertures, tandis qu’il en partira. Cette pratique est si diverse qu’il est impossible de la présenter d’une seule façon, c’est pourquoi je vais seulement te donner quelques exemples, à partir desquels tu pourras suffisamment apprendre à écarter et comment tu devras te placer sans danger.

A la différence d’un adversaire qui se trouve dans l’une des gardes hautes ou basses de chaque côté, où les stratégies d’approches sont facile à entrevoir, un adversaire caché derrière la parade droit devant est plus ardu à aborder. Comme on l’a vu dans la partie précédente, il aura peu de mouvements à faire pour se couvrir de chaque côté, donc il sera moins réceptif aux feintes. De plus sa pointe menace constamment d’estoquer, rendant toute attaque directe risquée.

Le premier exemple

Lève rapidement ton arme vers le haut et comporte-toi comme si tu voulais le frapper au pied de façon agressive, et frappe un peu dans cette direction. Pour faire ce coup, penche bien ton corps vers l’avant, après la frappe et le pas, afin que tu aies l’air de te découvrir complètement. Veille cependant à ce que tu ne te laisses pas aller avec ce coup, mais que tu gardes bien le contrôle sur ton arme. Pendant que tu le frappes ainsi, observe bien s’il veut se précipiter sur ton ouverture. Ramène alors ton coup vers le haut et contre sa lame qui vole vers toi, dégage celle-ci vers le haut et le côté en ramenant [ton arme] vers le haut, et estoque à l’ouverture la plus proche, avant qu’il ne reprenne [le contrôle de son arme]. Aussitôt qu’il éloigne son bras loin de lui, ou qu’il le tend pour estoquer, il tient sa lame avec moins de force. Par conséquent tu peux la lui dégager et la lui prendre facilement, et tu peux estoquer vers son ouverture, avant qu’il ne reprenne correctement [le contrôle de sa lame].

Un second exemple

Présente-toi ainsi de façon déterminée, comme si tu voulais encore une fois le frapper au pied. Mais pendant qu’il se précipite sur l’ouverture que tu lui as donnée, saute rapidement sur le côté, hors de son estoc, et pendant qu’il est en train d’étendre son arme, estoque de côté, par-dessus celle-ci et vers son visage, que tu pourras sûrement atteindre et toucher, s’il estoque en premier.

Frapper au pied est un bon moyen d’inciter l’adversaire a riposter. La réaction à avoir face à ce type d’attaque est soit de parer avec l’épée étendue devant le pied, ce que Joachim Meyer appelle un blocage, soit de reculer la jambe et de riposter directement avec un estoc à la tête. Cette dernière manœuvre est un classique de l’escrime, et il y a de fortes chances que l’adversaire soit tenté de la prendre, et ainsi de tomber dans le piège. Le risque est de manquer le temps juste pour se protéger ou esquiver. Il faut donc trouver l’équilibre entre une attaque convaincante et une frappe que l’on peut retenir.

Comment tu dois lui dégager sa lame avec force et riposter avec une frappe

Estoque droit vers devant toi, par-dessus sa lame et vers son visage. En l’estoquant, tourne ta garde vers le haut et vers ta gauche. Afin de faire cela, tourne aussi ton côté droit à la suite de ta poignée, et frappe fortement sa lame avec le plat extérieur, de bas en haut
, depuis ton côté gauche vers sa droite, afin que tu la lui dégages avec force. Laisse ainsi ta lame aller vers ta droite, autour de ta tête, et frappe également le second coup d’en haut et en diagonale, depuis ta gauche vers sa droite, avec un grand pas. Ce second coup doit arriver rapidement, afin qu’il touche avant que l’adversaire ne se soit remis de ton dégagement. Donne aussitôt le troisième coup depuis ta droite vers sa gauche, jusque dans la garde basse à gauche. Depuis celle-ci, estoque rapidement droit devant toi vers son visage, jusque dans la longue pointe, en sautant loin de sa lame. Continue de combattre depuis cette garde comme tu l’apprendras dans la partie sur la longue pointe.

Si l’adversaire se protège derrière sa lame, alors il faut la lui prendre. Après un estoc d’approche, on tente de dégager le fer adverse pour accéder aux ouvertures. La manœuvre ici effectuée s’apparente au coup tordu de l’épée longue. Voici comment on peut déduire cela : le geste débute dans la longue pointe, puis la main va vers le haut et la gauche. En réaction la lame décrit un arc de cercle vers le haut, pour finir sur avec le plat extérieur sur l’épée de l’adversaire. De plus cette position d’arrivée laisse la possibilité de renvoyer l’épée autour de la tête pour refrapper depuis la gauche.

Une autre pièce

Retiens ceci : si l’adversaire te rencontre dans cette parade droit devant bien ferme, à propos de laquelle tu as déjà été instruit, alors avance vers lui avec une parade similaire, et lorsque tu peux atteindre le milieu de sa lame, alors lève rapidement ton arme vers le haut avec le bras tendu, jusque dans la garde haute à droite pour frapper. Depuis celle-ci, frappe soudainement en diagonale et d’en haut, en passant par le milieu de sa lame, avec un pas en avant de ton pied droit, assez fort pour qu’en faisant ce coup, tu ailles jusque dans la garde du milieu à gauche avec ton arme. Depuis celle-ci frappe encore une fois rapidement à l’horizontale vers son côté droit et en passant par son visage. Et cela n’a pas d’importance, si tu le réalises avec le long tranchant, le faux tranchant ou le plat, tant que ton arme, en filant fortement ainsi, aille sur ton côté droit, et revienne se projeter dans la garde haute pour l’estoc de ce même côté. Depuis celle-ci, estoque avec force vers sa poitrine en retournant [ta main], de façon à ce le long tranchant vienne vers le bas en retournant ta main, et que tu tombes dans la garde basse à gauche. Depuis celle-ci, remonte rapidement dans la garde haute du bœuf à droite, depuis laquelle du dois aussitôt combattre avec les pièce que tu trouveras décrites plus loin.

Encore une fois on cherche à dégager la parade de l’adversaire avec des coups. Il s’agit ici de faire deux coups rapides, mais qui gardent toujours une certaine amplitude. Venir dans la garde du milieu à la fin de la première frappe permet d’être directement en position pour en lancer une deuxième. La véritable “attaque” ne vient qu’avec l’estoc fait depuis la garde haute.

Une autres pièce

Dans l’Approche, envoie également ton arme dans la parade droit devant haute, et dans le même temps observe s’il envoie son arme devant lui [avec le bras] tendu. Dégage alors soudainement sa lame loin de toi et sur le côté avec la lame pendante, de la même manière que te le montre le personnage à gauche dans la gravure C.

En même temps que ce dégagement, saute bien sur son côté droit, et laisse ta lame filer vers ta gauche, loin de son arme, jusqu’à revenir dans la garde du bœuf à gauche, mais pas aussi haut qu’avant, et estoque droit devant toi et vers son visage, avec la main retournée. Cet estoc ainsi que ce saut sur le côté doivent se faire rapidement après le dégagement, et avant qu’il ne retrouve le contrôle de son arme.

Toujours selon le même principe, on vient ici au contact de la parade droit devant adverse, cette fois-ci grâce au dégagement avec la lame suspendue. Ce dégagement à l’avantage de protéger au cas où l’adversaire cherche à nous poursuivre avec un estoc au moment pendant que l’on monte la main pour frapper sa lame. Encore une fois, l’estoc qui permet de toucher est en faisant un mouvement circulaire sur la côté.

Une autre pièce

Dans l’Approche, aussitôt que tu peux atteindre ton adversaire, alors dégage soudainement son arme loin de toi sur le côté. Mais dans ce dégagement, veille à ce que tu n’ailles pas trop loin à la suite de son arme. Essaie plutôt de maintenir le contrôle sur ton arme, puis estoc rapidement droit devant toi vers son visage, avant qu’il ne se remette de ce dégagement. Lorsque tu l‘as ainsi soudainement dégagé, puis riposté avec un estoc, il voudra remonter précipitamment pour parer. Par conséquent, pendant qu’il monte, veille à frapper rapidement vers son pied avancé.

Encore une fois, Meyer nous propose de dégager la lame de l’adversaire pour le découvrir. Cependant, ici on fait usage d’un demi coup et non complet : notre arme ne va donc pas plus loin que la longue pointe, ce qui permet de placer un estoc immédiatement après avoir dégagé l’adversaire.

Une autre pièce

Ou bien, s’il ne veut se laisser emmener hors de son avantage par aucune pièce, alors frappe-le des deux côtés, à la manière d’une croix, en passant par-dessous sa lame et près de sa garde. Pendant ce temps, observe le moment ou il enverra [son arme] hors de la parade pour estoquer. Dégage alors au loin la lame qui vient vers toi, et précipite toi vers son ouverture.

Si tu fais passer chaque coup par sa parade, des deux côtés, alors tu peux le rendre furieux, afin qu’il soit plus enclin à attaquer l’ouverture que tu devras lui présenter en faisant ces coups [d’un côté à l’autre]. Aussitôt qu’il étend son arme loin de lui, alors il est déjà affaibli dans sa parade, c’est pourquoi tu peux facilement dégager sa lame et riposter avec un estoc.

Cette dernière pièce donne une autre façon d’inciter l’adversaire à attaquer. Comme pour les autres techniques, il faut bien prévoir le moment où l’adversaire ripostera pour conserver son avantage.

Pour résumer : si l’adversaire est sur la défensive et qu’il ne veut pas attaquer, il faut au choix l’empêcher d’agir en perturbant sa lame, ou le provoquer à attaquer à l’endroit voulu. Souvent le stratagème utilisé dépendra de la posture de l’adversaire, ou de s’il présente des ouvertures exploitables ou non. Cette situation est sûrement la plus pénible, car elle force à la patience et à la prudence, sans compter que l’adversaire peut ne pas tomber dans les pièges. Encore une fois, ces pièces sont l’occasion de présenter des mouvements et une gestuelle caractéristique, qui revient tout au long du traité.

Cela conclue cette très longue partie sur la porte de fer. Le volume consacré à cette garde par Joachim Meyer; indique à quel point celle-ci est importante dans son système. En plus de montrer des éléments spécifique à cette posture, il présente également des principes essentiels, comme se battre dans l’Avant et l’Après. Les sections consacrées aux autres gardes sont plus succinctes et s’appuient largement sur les notions abordées avant.


L’épée seule de Joachim Meyer :

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