Le bâton de Joachim Meyer, Partie 3 : La garde de côté

La garde de côté au bâton est une posture similaire à la garde médiane du dussack, ou à la garde de la colère à l’épée longue. Ainsi on présente son dos à l’adversaire tout en étant penché vers l’arrière. Bien que la jambe arrière soit face à l’adversaire, celle-ci reste tendue, comme à son habitude et la jambe avant reste fléchie également. Cette garde est la meilleure pour envoyer des frappes latérales, comme le montrent les pièces qui lui sont associées.

Comment tu dois combattre depuis la [garde de côté]

Dans l’Approche place-toi dans la garde de côté, de la manière montré par le grand personnage à droite de la gravure A
.

Fais attention, et aussitôt que tu peux l’atteindre, lance ton bâton horizontalement au travers de son visage avec ta main droite. Avec ce lancer, donne une forte impulsion à ton bâton avec ta main gauche, et laisse-la aussitôt quitter celui-ci. Grâce à cela, ton bâton ira plus vite au travers de son visage dans le lancer, et pourra voler autour de ta tête. Pendant que ton bâton vole ainsi au travers de son visage et autour de ta tête, avance vers lui avec ton pied gauche. Au même moment, rattrape ton bâton avec ta main gauche pendant qu’il est encore en l’air en train de voler autour de ta tête, et frappe l’adversaire depuis ta gauche vers sa droite en passant par son visage, et aussi par son bâton, qu’il à envoyé devant lui. Cette frappe doit être réalisée à deux mains. Tu viens ainsi dans la garde basse à droite à la fin de ce coup.

Tandis que ton bâton tombe dans la garde basse avec cette frappe, l’adversaire estoquera alors rapidement vers ton visage, qui se retrouve alors découvert avec la chute [de ton bâton]. Par conséquent marche rapidement avec ton pied droit vers ton côté droit et estoque en même temps que lui vers son visage, de façon à ce qu’en l’estoquant le long tranchant, ainsi que la partie arrière du bâton soient tournés contre le sien, et que ta tête aies bien été ramenée en dehors de son estoc, par-dessus ton bâton. Tu es ainsi protégé.

Comme cette position très dynamique le suggère, on peut très vite envoyer le bâton de la gauche vers la droite, avec un grand balayage latéral. Ici cela est fait deux fois, à une, puis à deux mains. Si l’adversaire intercepte la frappe à une main il faut vite reprendre le bâton avec ses deux mains. La fin de la pièce est similaire à ce que l’on peut trouver dans les pièces issues de la garde basse.

Ou bien, après que tu sois tombé dans la garde basse à droite avec cette frappe, et que l’adversaire estoque vers l’ouverture que tu lui as présentée, dégage son bâton vers le haut avec le demi tranchant, vers ton épaule gauche. Simultanément à ce dégagement, dirige ton bâton vers le haut, autour de ta tête, puis frappe-le depuis ta droite, à l’extérieur, par-dessus son bras gauche. Tu dois également envoyer cette frappe autour [de ta tête] avec tes deux mains. Pendant que tu envoies ce coup autour [de ta tête], fais attention à ce qu’il ne t’estoque pas. Aussitôt qu’il fait cela, alors pendant que tu fais tourner [ton bâton], envoie la pointe arrière plus bas devant ton visage, et laisse la frappe voler plus vite. S’il pare le coup avec le bâton suspendu, alors au moment ou ton bâton rencontre le sien, tourne immédiatement la pointe arrière vers le haut, puis estoque-le au corps par-dessus ou par-dessous son bâton.

Idem ici, cette pièce pourrait tout à fait se retrouver avec les autres pièces de la garde basse et ainsi être employée indépendamment de la première partie. Cette pièce est d’ailleurs assez similaire à ce que l’on peut trouver dans les armes à une main depuis le changement à gauche, avec un dégagement du faux tranchant enchaîné avec une frappe descendante le long de la ligne diagonale opposée.

Une autre pièce sur la manière dont tu dois te retourner devant l’adversaire ou te découvrir, dégager [son bâton] et riposter avec une frappe

Dans l’Approche place-toi de manière illustrée ci-dessus dans la [garde de côté] à gauche. Marche aussitôt avec ton pied gauche derrière ton pied droit, vers lui, de façon à ce qu’en te retournant, tu lui tournes le dos. Pendant que tu te retournes ainsi devant lui, s’il estoque rapidement vers ton visage, en ayant l’intention de se précipiter, alors dans ce pas en arrière, lève tes deux mains, ainsi que la partie arrière de ton bâton, de façon à ce que la partie avant de celui-ci soit suspendue vers le sol. Étends rapidement [tes bras] vers le haut et sa gauche, et en tournant sur toi-même, dégage son estoc avec le bâton suspendu depuis ton côté droit vers ton côté gauche. Laisse-le ensuite aller complètement autour de ta tête en lui donnant une impulsion. Pendant que tu envoies ainsi le bâton autour de ta tête, laisse ta main gauche quitter celui-ci, après avoir donné au bâton une forte impulsion avec celle-ci. Donne ensuite une frappe rapide à une main vers son oreille gauche.


Ceci est une pièce astucieuse, qui fonctionne bien en première approche. En te retournant tu l’incites à t’estoquer, et lorsqu’il t’estoque tu dégages son bâton en même temps que tu te retournes, puis tu le touches certainement au cas où il estoquerait de façon précipitée.

Les voltes sur soi sont assez rares dans les traités d’escrimes, étant donné qu’exposer son dos à l’adversaire est plutôt hasardeux. Cela ne veut pas non plus dire qu’elles n’existent pas et cette pièce nous en offre un exemple. Ici il s’agit de pousser l’adversaire à estoquer en se découvrant, mais également de vite présenter une parade et une riposte pour le piéger avec sa propre attaque.

J’ai d’abord voulu présenter les pièces depuis les postures latérales, que je viens juste de t’enseigner, afin que lorsque tu arrives dans l’une d’entre elles quant tu te commets en frappant, en estoquant, ou en parant, tu saches mieux comment agir à nouveau. Tu sauras aussi mieux réaliser les pièces suivantes, car avec ces armes longues comme avec les armes que j’ai traitées jusqu’à maintenant, tu dois toujours aller d’une posture à une autre dans le combat, et tu ne dois pas y rester longtemps, à te demander ce que tu vas faire, mais plutôt aller de l’avant avec les pièces qui se présentent.

Les pièces illustrent ce qu’il est possible de faire depuis la garde de côté du côté gauche, et montrent un balayage vers la droite et un balayage vers la gauche. Les gardes sont censées se prendre de chaque côté, même lorsque rien est indiqué. La garde de côté à droite devrait ressembler à la garde de la colère à droite, avec le bâton où sur l’épaule ou sur le flanc droit. Et avec des coups amples et des dégagements on passe d’une garde de côté à l’autre.

Cette garde de côté n’est pas une garde que l’on choisi de prendre pour lancer une attaque, mais plutôt une position dans laquelle on arrive, volontairement ou non après un coup de grande amplitude. Ces quelques exemples sont là pour donner des clés de compréhension pour savoir quoi faire depuis ces postures extrêmes.

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